• Les contes des frères Grimm : dehors Mickey !Il y a bien longtemps que je néglige ce blog et je parie que ça arrivera encore mais, voilà, ce matin j'ai enfin eu quelques minutes pour me plonger dans l'intégrale des contes des frères Grimm.

    C'est donc l'occasion de dire que j'en ai apprécié la lecture et, non, je ne vais pas vous faire le résumé d'un seul de ces 239 contes. Charles Perrault, lui, n'en avait retranscrit que huit, autant dire rien ! En revanche, je vous conseillerai de vous plonger dans la lecture de l'édition complète des éditions José Corti.

    Je vais quand même essayer de vous mettre l'eau à la bouche, du moins je l'espère. D'abord, comme le laisse entendre (peut-être) le titre de cet article, les contes des Grimm n'ont rien à voir avec les versions à l'eau de rose (et ce n'est pas peu dire) que l'on trouve chez Walt Disney. Les frères Grimm n'y vont pas avec le dos de la cuillère mais la morale tape toujours juste. Voyons quelques exemples (tiré d'un ou deux contes quand même) :

    D'abord, les princes ensorcelés ne sont pas des crapauds mais des grenouilles. Et oui, en allemand, ce que j'ignorais comme j'ignore l'allemand, grenouille est un nom masculin. Et franchement, bien que crapauds et grenouilles coassent tous deux, ce sont les secondes qui font le plus grand tintamarre. 

    Ensuite, non la princesse n'embrasse pas la grenouille ! Exaspérée, la jolie petite pimbêche éclate la grenouille sur le mur de sa chambre. Mais pas de bol, c'est en s'écrasant sur le lambris que cette grenouille se transforme en Prince. Quant à la Princesse son père la force à épouser l'ex grenouille. Et oui, il faut éviter de faire des promesses un peu trop à la légère.

    Dans un autre conte, suite à un mensonge de la presque innocente jeune fille, la Vierge Marie enlève les enfants de celle-ci devenue Princesse, Marie la laisse se faire accuser d'être une ogresse (De toute manière, la Princesse ne pas se défendre puisque la Vierge l'a rendue muette). Et elle l'aurait laisser cramer sur le bûcher si notre Princesse, qui commençait à sentir le graillon, n'avait pas enfin avoué son mensonge. D'accord, ce n'est pas beau de mentir mais Marie est une fieffée garce.

    Ailleurs, le chat mange la souris après avoir dévoré leur réserve de nourriture commune et après que dame souris ait trimé pour tenir propre le foyer où elle et le chat s'étaient installés tous deux. Celui-là, je n'oublierai pas de le lire à mes filles.

    En clair, si vous voulez une version de conte qui se rapproche vraiment de ceux des Grimm, écoutez le cendrillon de Téléphone :

    Pour conclure, les contes des Grimm sont caustiques et bourré d'un humour très noir.

    Mais moi j'adore et, en plus, je les trouve plus crédible que le sempiternelle : "ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants". Franchement, cette morale à la Disney n'est pas seulement gnan gnan, elle est aussi sexiste. Les vraies contes sont autant de mises en gardes, ce sont des leçons de vie qui tentent de prévenir. Les contes à l'eau de rose que l'on nous sert trop souvent aujourd'hui sont des pièges à la morale bien creuse.

     

    Bonnes lectures

    Auteurs : Les Frères Grimm

    Titre : Contes pour les enfants et la maison

    Éditeur : José Corti

    EAN : 9782714310002

    Prix : 55,00€ (Oui ce n'est pas donné et, non, l'exemplaire qui se trouve dans la librairie n'est pas à vendre, Na ! )

     

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  • La fabrication du consentement par "Chomsky et Herman" Je viens de terminer, à nouveau, la lecture de "La Fabrication du Consentement, de la Propagande médiatique en démocratie" par "Chomsky et Herman" et je réalise aujourd'hui qu'un fait récent illustre parfaitement leur démonstration.

    En effet, par deux fois en quelques jours, je vois circuler dans la presse un titre qui, en substance, dit : "La Finlande veux en finir avec le travail". La première fois c'était par le biais de FranceTVinfo et la seconde c'était par le truchement éclairé de Libération (merveilleuse feuille de choux que celle-là). 

    Mais pourquoi ce titre : parce qu’il existe une petite phrase de huit mots dans un document récemment publié par le gouvernement finlandais (Il y a quelques semaines tout de même, mais il faut bien deux mois à nos limiers journaleux pour flairer la piste). Aussi parce que cette information est relayée par un "think tank" au nom évocateur : BIEN (Basic Income Earth Network).

    Et c’est la porte ouverte aux fantasmes ; on croirait que nos gratte-papiers sont des ados à peine pubères découvrant un con. Mais quels fantasmes me direz-vous ? D’abord on apprend par FranceTVinfo que la Finlande est un pays riche en pétrole et que, du coup, ce petit État peut se permettre une telle folie ; ceci a depuis été corrigé (merci aux internautes) mais n'a aucunement perturbé le raisonnement de notre vertueux journaliste. Il n’y a pas de pétrole en Finlande ; il n’y a même pas de gaz de schiste ! Ensuite, nous apprenons que le montant de ce Basic Incom (c’est son nom technique) devrait avoisiner les 1000€. J’ai eu beau lire le document finlandais je n’ai trouvé nulle trace de cette somme. En revanche, peut-être va-t-on retrouver une telle affirmation sur le site de BIEN ; je n'en suis pas convaincu et je crois même avoir lu l'inverse. Alors ? D'où sort cette valorisation ? Mystère ! Enfin (ou plutôt pour débuter) nous découvrons que la Finlande veut en finir avec le travail ! Mon anglais est peut-être un peu rouillé mais à la lecture des lignes finlandaises, j’ai plutôt eu l’impression que c’était l’inverse ; un point de détail sans doute.

    Mais quel rapport avec le livre dont j'ai parlé au début ? C'est simple, en regardant évoluer cette rumeur journalistique, je ne peux m'empêcher de penser aux propos tenus par les auteurs de "Fabrication du Consentement, de la Propagande médiatique en démocratie". Est-ce inquiétant ? Je le crois. Est-ce que ça devrait vous intéresser ? Je pense que oui car réaliser l'ampleur de l'escroquerie (Le Basic Income en Finlande mais bien d'autres informations ailleurs) pourrait changer votre vision d'une information que beaucoup imaginent impartiale et plus ou moins fiable.

    La fabrication du consentement par "Chomsky et Herman" Quoi qu'il en soit, je conseil la lecture de ce livre mais, si vous le pouvez, lisez sa version américaine (C'est plus fun). Je suis très content qu'Agone ait édité le livre dans la langue de Voltaire (qui est surtout la nôtre, soit dit en passant) mais je me demande encore comment un éditeur français à pu passer d'un ouvrage original, somme toute plaisant à lire, à un pavé indigeste ? Vous ne me croyez pas ? Constatez par vous même, voici la couverture du livre tel que publié en 1988 aux USA.

    J'ajouterai à cet article une position politique. Est-ce que l'instauration d'un Basic Income serait une bonne chose, un progrès ? Je ne le crois pas et j'estime que ce serait un pas de plus vers le retour en esclavage des peuples d'Occident. Le contrôle des opinions par les médias est déjà une belle réussite. Mais si, en plus, les gouvernements contrôlent la capacité des gens à se nourrir, et c'est de plus en plus le cas, alors les carottes seront cuites. Un Basic Income n'est qu'une version douce du principe établit par Staline et qui faisait de la famine une arme. Jack London, en son temps l'avait très bien dit et en avait fait le titre d'un texte polémiste : "Qui nourrit un homme est son maître" (à lire aussi).

    Auteurs : Noam Chomsky et Edward Herman

    Titre : La Fabrication du Consentement, de la Propagande médiatique en démocratie

    Genre : essai politique

    Editeur : Agone

    Prix : 28,40€

    EAN : 9782748900729

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  • La mort est mon métier de Robert MerleJe dispose de ce livre dans les rayonnages de la librairie (Je n'en ai plus qu'un, l'autre est entre mes mains) mais c'est comme lecture que je préfère en parler. J'avais adoré Fortune de France de Robert Merle et, là encore, je suis séduit. Juste après, je vais attaquer Malevil. Le film est excellent, je suis certain que le roman dont il est tiré le sera tout autant.

    Mais revenons à "la mort est mon métier" qui fut écrit en 1952, à une époque où l'Occident ne souhaitait plus souligner l'horreur des camps car l'ennemi était devenu l'URSS. La RFA ne devait plus être stigmatisée, elle devait devenir une alliée et le fer de lance de la défense OTAN. Dans les dix ans qui allaient suivre, la RFA (aujourd'hui l'Allemagne) allait devenir une puissance nucléaire, sous tutelle américaine il est vrai, mais tout de même. Vous m'excuserez cette digression mais l'Allemagne dispose encore d'armes nucléaires : une soixantaine de bombes sont toujours assignés à la Luftwaffe (Le saviez-vous ?). Vous imaginez donc bien qu'un livre comme "La mort est mon métier" faisait alors tâche dans le décors. On devait faire oublier la barbarie nazie pour la remplacer par le bon allemand opposé au sournois soviétique. Robert Merle en était tout à fait conscient et il s'en est expliqué en 1972. Vous trouverez cette explication en introduction du livre (Pour peu que vous lisiez son édition Folio ; pour les autres je ne sais pas).

    Quoi qu'il en soit, les camps de concentration ne sont pas généralement mon type de lectures favori ; je suis plutôt lassé des ouvrages qui traitent de l'holocauste. Le sujet est grave et, à mon sens, la plupart des rédacteurs actuels en ont fait une litanie. Je trouve ça pour le moins dommage quand chaque traitement du sujet devrait nous toucher profondément. Heureusement, ici ce n'est pas le cas d'autant que Robert Merle aborde le sujet d'une manière étonnante. Je dirai que son livre reste à contre temps.

    Il nous met dans la peau d'un personnage soit disant fictif, Rudolf Lang, qui est en fait Rudolf Hoess (Commandant du camp d'Auschwitz-Birkenau). Ce livre, à mon avis, peut se diviser en deux. Dans la première partie, Robert Merle, imagine l'enfance et les processus qui ont conduit Rudolf Lang à devenir un bourreau. Cette partie est quasiment traité avec légèreté (excusez le terme) et je n'ai de cesse de sourire, voire de rire, en lisant son écrit. Je me suis même pris à avoir de la sympathie pour ce personnage. Bien sûr, cette pitié est contre-balancée par l'horreur naissante des actes et des raisonnements de Rudolf, horreur qui débute des la première guerre mondiale et se poursuit entre deux guerres, parfois par le biais de décisions anodines.

    La seconde partie, elle, se poursuit dans l'inhumanité des camps d'extermination. À ce moment là, les sympathies que vous avez pu développer pour Rudolf ont laissé la place au dégoût. Comme toujours Robert Merle ne prend pas de gants et parvient à faire transparaître l'humanité au travers de la plus sanglante et abjecte des barbaries. L'horreur de l'exécution de centaines de milliers de gens est donc bien palpable dans ce livre. Si vous ne la ressentez pas, allez consulter un psychiatre. Mais je crois que le pire est dans la nature du personnage. Rudolf Lang est avant tout un fonctionnaire zélé, un militaire attaché à une idée du devoir. Pour le dépeindre je reprends les mots utilisés par Robert Merle : "Tout ce que Rudolf fit, il le fit non par méchanceté, mais au nom de l'impératif catégorique, par fidélité au chef, par soumission à l'ordre, par respect pour l'État. Bref, en homme de devoir : et c'est en cela justement qu'il est monstrueux".

    C'est donc un livre que je conseille et je conclus en posant une question qui je l'espère va vous perturber :

    "À chaque fois que, civil, fonctionnaire ou militaire, nous obéissons à une loi ou à une autorité, tout en sachant que cette obéissance aura des conséquences condamnables, même anodines en apparence, à quel point nous rapprochons-nous d'un Rudolf ?"

    Bonne lecture

    Titre : La mort est mon métier

    Auteur : Robert Merle

    Thriller : édition Gallimard, collection Folio

    EAN : 9782070367894

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  • LANGUE FRANÇAISE, ARRÊTEZ LE MASSACRE !Ce livre était disponible dans la librairie, et il devrait l'être à nouveau très bientôt. Il est en commande car j'ai adoré. Je ne suis pas intégralement d'accord avec l'auteur, Jean Maillet, mais je suis certain qu'il a raison sur bien des points. Je n'ai jamais eu pour ambition d'empêcher les évolutions du langage mais j'aime aussi la bonne pratique de la langue française. Je parle du vocabulaire et de l'usage de la langue ; l'orthographe, en revanche, est une discipline à laquelle je n'accorde pas toujours une attention soutenue.

    Si je n'aime pas la condamnation un peu trop systématique de toutes les évolutions actuelles du langage par l'auteur, je trouve qu'il traite le sujet avec humour et beaucoup d'à-propos. J'en ai plus appris en le lisant qu'en parcourant les livres de grammaire ; il faut bien le dire, un livre de grammaire c'est chiant et, souvent, abscons. En revanche, avec ce bouquin, on s'amuse et on sourit ; les saillies de l'auteur sont aussi instructives que les remarques qu'il fait et que l'étymologie qu'il clarifie.

    C'est un livre à lire pour soi et à offrir (je vais éviter d'ajouter aux autres puisque ce serait redondant). Quant aux abus de langue qui me font actuellement grimper aux rideaux en voici trois exemples avec mes remerciements hypocrites envers ceux qui les utilisent le plus.

    1) Merci aux journalistes et politiques pour l'usage débilitant du terme "impacter" (En discutant avec un américain je viens d'apprendre que même en américain, "being impacted" est fautif). Alors pourriez-vous avoir l'obligeance d'arrêter de nous seriner, à tous bouts de champs, des phrases du type "Les dernières inondations ont sérieusement impacté l'économie locale". Les inondations ont un impact, il en résulte des conséquences dramatiques, elles touchent, elles frappent, elles fragilisent, elles détruisent, elles ravagent... Mais, Nom di Djû ! Elles n'impactent pas !

    2) Merci à mes enfants pour leur quotidien "trop trop". Je veux bien que ce soit "trop super cool" mais moi le "trop trop" commence à me fatiguer. J'me sens trop épuisé là.

    3) Merci à nos acteurs, actrices et brillants rédacteurs de dictionnaires pour leur sempiternel "nominer". Pour ma part, je préfère qu'on nomme quelqu'un pour un prix, on peut aussi le sélectionner.

    Mais je m'arrête là, après vous allez croire que je râle. Quoi qu'il en soit c'est un bon livre.

    Bonne lecture

    Titre : Langue française, arrêtez le massacre !

    Auteur : Jean Maillet

    Thriller : édition Opportun

    EAN : 9782360753239

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  • Le jour où les zombies ont dévoré le Père NoëlVoilà, dernière lecture en cours. J'adore ; le côté satirique est super et ce livre ne se résume pas à cela. Il est intéressant de trouver une véritable profondeur dans un livre de zombie. Quoi qu'il en soit, pour l'instant, je suis fan. La quatrième de couverture affirme que S.G. Browne est le meilleur romancier satirique américain, je n'irai pas jusque là puisque je ne connais pas assez le milieu des romanciers satiriques aux USA. Néanmoins, à mon avis, il est bon. C'est d'ailleurs pour ça que ce livre est actuellement dans "mes lectures" et non dans la rubrique "livres en rayon".

     

    Il retrouvera très vite les rayonnages de Ratatosk Librairie mais, très momentanément, il les a quitté pour rejoindre ma bibliothèque personnelle. Rassurez-vous quand même, je repasse commande de ce livre dès le début de semaine prochaine... et j'y ajouterai "Comment j'ai cuisiné mon père, ma mère... et retrouvé l'amour", autre titre de S.G. Browne édité chez Mirobole éditions.

    En attendant, bonne lecture

     

    Titre : Le jour où les zombies ont dévoré le Père Noël

    Auteur : S.G. Browne

    Thriller : édition Mirobole

    EAN : 9791092145298

     

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